par Jean-Yves Dionne BSc. Pharm.

Le palmier nain est de loin la plante médicinale la plus étudiée pour la prévention et le traitement le l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP). On sait maintenant que le palmier nain est aussi efficace que le finastéride (Proscar®) pour traiter les symptômes de l’HBP et qu’il est beaucoup mieux toléré.(1) Le mécanisme d’action du palmier nain est multiple : inhibiteur de l’enzyme 5- alpha réductase(2) qui convertit la testostérone en dihydrotestostérone (DHT), une hormone qui stimule la division cellulaire ; antagoniste de la DHT aux récepteurs ; anti-inflammatoire ; et normalisateur du ratio œstrogène/testostérone. Ensemble, ces propriétés produisent un effet thérapeutique très intéressant.(3)

La toute dernière découverte scientifique concernant le palmier nain est son effet sur le cancer de la prostate.

Récemment, plusieurs documents semblent démontrer que le palmier nain aurait un effet anti-cancer au niveau de la prostate.

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Dans un article publié en 2001 dans Prostate, des chercheurs ont montré que l’acide myristoléique contenu dans le palmier nain stimule l’apoptose, ou mort naturelle programmée des cellules.(4)

En effet, les cellules cancéreuses se multiplient de façon désordonnées parce que la programmation normale de leur durée de vie est altérée. In vitro, le palmier nain semble restaurer cette programmation dans leur code génétique.

Dans un autre document, Ishii et al ont démontré que le palmier nain inhibe un enzyme, l’urokinase, empêchant les cellules cancéreuses de se déplacer et diminuant par le fait même l’invasion des tissus sains (métastases).(5)

Bien entendu, ces résultats proviennent d’études in vitro (sur des modèles de cellules) et non d’études cliniques (sur de humains). Quoiqu’il soit trop tôt pour prévoir l’impact de ces données sur la réalité humaine, ces résultats n’en sont pas moins fort prometteurs.

 

Références

  1. Wilt TJ, Ishani A, Rutks I et al. Phytotherapy for benign prostatic hyperplasia. Public Health Nutr 2000 Dec;3(4A):459-72.

  2. Bayne CW, Donnelly F, Ross M et al.  Serenoa repens (Permixon): a 5alpha-reductase types I and II inhibitor-new evidence in a coculture model of BPH. Prostate 1999;40(4):232-41.

  3. Bayne CW, Ross M, Donnelly F et al. The selectivity and specificity of the actions of the lipido-sterolic extract of Serenoa repens (Permixon) on the prostate. J Urol 2000;164(3 Pt 1):876-81.

  4. Iguchi K, Okumura N, Usui S et al. Myristoleic acid, a cytotoxic component in the extract from Serenoa repens, induces apoptosis and necrosis in human prostatic LNCaP cells. Prostate 2001 Apr;47(1):59-65.

  5. Ishii K, Usui S, Sugimura Y et al. Extract from Serenoa repens suppresses the invasion activity of human urological cancer cells by inhibiting urokinase-type plasminogen activator. Biol Pharm Bull 2001;24(2):188-90.